![]() |
||
© Les Éditions Cybérie inc. |
Le 19 septembre 1997. |
Salutations à tous les Cybériens et Cybériennes! Cette Chronique n'est optimisée ni pour Netscape, ni pour Internet Explorer, elle l'est pour ses lecteurs et lectrices. Bye bye Java, bonjour «scriptlets» Métainformations et droit commercial Euronet : Statistiques pour la France; les fournisseurs d'accès en association Statut de technopole : Montréal ou Ottawa? Politique québécoise et Internet Pub et Web au Québec Odeur de sainteté Lectures rapides En bref Beau détour 12/18 Bye bye Java, bonjour «scriptlets» Mais la véritable raison de l'abandon de Java
par Microsoft est devenue apparente quelques jours plus
tard. Les «scriptlets»
-- beau défi pour les terminologues -- ça
vous dit quelque chose? C'est le nouveau concept
d'applications de mise en page, des
sous-routines HTML à fonctions
précises (par exemple, barres de navigation)
prêtes à intégrer sur n'importe
quelle page. Moins puissants et malléables
que les objets Java, les «scriptlets»
exploiteront les fonctions du code dynamique HTML, mais
il y a un hic. Il faudra utiliser la
version 4 de Internet Explorer de Microsoft pour
profiter de leur fonctionnalité.
L'introduction de cette technologie est perçue
par les observateurs comme une autre tentative, par
Microsoft, de conquérir le monopole des outils
de développement et de faire la guerre aux
autres développeurs, comme la
société Sun, propriétaire de la
technologie Java.
Métainformations et droit commercial Mais tous les cas ne sont pas aussi clairs. Prenez le code de métainformations suivant : «The Peacemaker Steven Speilberg George Clooney Nicole Kidman Trailers Airforce One Excess Bagagge She's so Lovely Copland Hoodlum Money Talks Masterminds the Verve Pipe Prunella Scales live concert series Symposium Mollie's Reveng Widemouth Mason Camus Plexi Chronic Future Steel Dark Reign Mace Starfox 64 San Fancisco Rush Tomb Raider 2 Nightmare Creatures Grand Tour '98 Fighting Force Steel Legions Shaquille O'Neal Joint Strike Force Omikron Realm Front Page Baseball Trophy Bass 2 Golazo Sweepstakes The Claw instant win contest Richard Petty Racing Game Revving Up Irabu Hideki Jose Cruz Jr. Marjor League Baseball Project 2010 soccer Andres Cantor Legends of WNBA Tennis Boxing George Foreman». C'est celui qu'on trouve sur l'espace d'accueil du fabriquant de boissons douces Pepsi. On dira que les références à ces mots clés se trouvent quelque part dans cet espace Web. Mais où, exactement? C'est ce que l'on pourrait appeler l'abus des
métainformations qui a incité certains
moteurs de recherche, comme Excite,
à ne pas fonder l'indexation des pages sur les
balises meta.
Euronet : Statistiques pour la France;
les fournisseurs d'accès en association L'EuroISPA, c'est le nom que s'est donné
l'Association européenne des fournisseurs de
services Internet, un regroupement de sept associations
nationales de fournisseurs, qui compte maintenant
400 membres. En plus d'être le
principal porte-parole des professionnels de l'Internet
en ce qui concerne les
affaires européennes, l'Association vise
à encourager l'usage de l'Internet,
défendre les intérêts de
l'industrie, promouvoir l'autorégulation et
influencer le processus de régulation au nom de
l'industrie, encourager le développement d'un
marché de télécommunications libre
et ouvert, favoriser l’établissement des normes
techniques pour la profession, soutenir et coordonner
la recherche, fournir des services dans
l'intérêt commun des membres. Lire
le communiqué émis par l'EuroISPA.
Statut de technopole : Montréal ou Ottawa? Tollé en Outaouais chez les responsables des organismes de promotion et de développement économique, tel que rapporté dans le quotidien The Ottawa Citizen. La Banque Scotia admet ne pas avoir inclus Ottawa dans son étude pour ne pas donner l'impression d'être Ontario-centriste. Mais Willy Bagnell de la chambre de commerce de la région Ottawa-Carleton soutient que le rapport fait preuve d'un parti pris, que 75 % des activités de recherche et développement au pays en technologie de pointe sont concentrées à Ottawa. Arrive en renfort Caroline Robertson de la société de développement économique d'Ottawa-Carleton qui dit que 7,9 % des emplois dans la région de Hull-Ottawa sont dans le secteur de la haute technologie, soit un pour cent de plus en termes absolus qu'à Montréal qui serait, d'après la Banque Scotia, en tête de liste. Querelle de chiffres et d'économistes, peut-être, mais admettons que l'exclusion de la région Hull-Ottawa est pour le moins curieux à l'esprit averti. Ce débat a eu cours au même moment où se poursuivait à Ottawa la conférence Technopolis97 comme nous le soulignions dans notre chronique précédente. Pour prononcer l'allocution de clôture des travaux de la conférence, on a fait appel à l'économiste Michael Porter, pendant longtemps le gourou des mandarins d'Ottawa en matière de nouvelle économie, et spécialiste des avantages concurrentiels des nations et des régions. S'il y a un avantage à la concentration de grappes industrielles spécifiques dans une région, Porter met en garde contre une trop grande spécialisation des économies régionales et prêche plutôt en faveur de la création de secteurs diversifiés, mais complémentaires, qui aident les grappes à prospérer en devenant leurs premiers fournisseurs et consommateurs, mais pour qui la grappe locale n'est pas le premier débouché commercial. Porter a été précédé
à la tribune des conférenciers par
AnnaLee Saxenian,
spécialiste de la planification urbaine à
l'université de la Californie à
Berkeley. Saxenian avait été une
des voix à prédire l'effondrement de la
structure industrielle hyper concentrée de la
Silicon Valley
dès le début des années
quatre-vingt. Reconnaissant aujourd'hui que la
nouvelle de la désertification de la Silicon
Valley (où plus de 300 000 personnes
travaillent dans des entreprises de haute technologie)
était grandement prématurée,
Saxenian attribue la pérennité de sa
croissance à une question de culture.
Alors que cette région et celle de la
route 128 près de Boston/Cambridge
(Massachussets) partaient, au milieu des années
quarante, sur un pied d'égalité
(importants contrats du complexe militaro-industriel,
proximité d'universités et de centres de
recherche, disponibilité d'une main-d'oeuvre
qualifiée), deux approches s'affrontaient.
D'un côté, celle de Boston, des grandes
sociétés hiérarchisées qui
produisent tout à l'interne, qui évitent
de prendre des risques, qui n'apprennent rien de leurs
échecs et qui vivent déconnectées
de leur milieu immédiat; de l'autre, celle de la
Silicon Valley, des entreprises de plus petite taille
travaillant en réseaux, l'approvisionnement en
temps utile, l'impartition, le travail en
équipes ponctuelles affectées à
des projets déterminés dans le
temps. Saxenian utilise même une
comparaison avec les écosystèmes :
Silicon Valley, c'est une forêt tropicale
où s'exprime la biodiversité; Boston est
une plantation où il n'y a de place que pour les
espèces programmées.
Résultat, Silicon Valley, malgré certains
problèmes, continue sur sa poussée de
croissance alors que Boston perd du terrain. Une
analyse des deux régions est proposée par
le géographe socio-économique Paul Mackun.
Politique québécoise et Internet Nous avons aussi reçu de nombreux courriers de toutes sortes sur la question de la campagne anti-Québec menée sur le Web par des particuliers. Tout compte fait, on arrive à une constatation, soit que le phénomène anti-Québec n'a pas son pendant anti-fédéraliste sur le Web. On trouvera certainement un petit malin pour nous contredire, on connaît la simplicité du médium. On convient que c'est différent sur les canaux d'échange IRC et dans les forums de discussion où la température monte assez souvent. Mais on ne peut parler de mouvement ou de tendance à la cyberguérilla, le discours politique en français sur le Web semblant être plus posé. Et pour ceux et celles qui veulent suivre
l'évolution du débat sur l'unité
nationale, bref survol des principaux sites :
Côté fédéraliste, on trouve
entre autres Unilien
qui suit de près l'actualité, Alliance
Québec
où les mises à jour sont moins
fréquentes, et le Conseil pour l'Unité
canadienne pour
qui, là aussi, il ne semble pas y avoir
«feu au lac» comme on dit à
Genève. L'option souverainiste est pour sa
part exposée par l'incontournable et très
à jour Vigile, les Intellectuels pour la souveraineté (IPSO) et par
l'Association des internautes souverainistes (AIS) d'arrivée
récente sur le Web.
Pub et Web au Québec Technojunk,
publication d'apparition récente dans l'espace
Web, se décrit comme «le webzine de la
décrépitude technologique». Le
ton est d'un Ph très élevé, tout y
passe et, avec un sourire en coin, on navigue entre la
bravade et l'insolence. Mais on ne peut pas nier
certaines vérités, parfois au nombre de
quatre, que véhicule à travers cette
irrévérence celui ou celle qui signe ses
chroniques Docteur Junk. À suivre.
Odeur de sainteté Vézeau reprend exactement les mêmes
arguments que Hitchens, spécialiste de la
question, et le cite abondamment. Un autre
journaliste, Parker Barss Donham, s'est
avisé lui aussi de soulever dans le Halifax
Daily News
(Nouvelle-Écosse) une partie du voile bleu
entourant le personnage mythique de la future sainte et
de citer les enquêtes de Hitchens. Mais
à la suite des protestations de lecteurs et
lectrices outrés de ce que l'on ose montrer
l'autre côté de la médaille, voire
même de dire qu'il y en avait un, le
rédacteur en chef du Daily News a ordonné
que l'on retire l'article du site Web du journal.
Le journaliste a donc repris l'article incriminé sur son
espace Web personnel, pied de nez à la censure
et aux bons sentiments néo-écossais.
Lectures rapides «Le journalisme transformé par l'introduction des nouvelles technologies» par Francis Pisani (Le Devoir). Dans le style limpide qu'on lui connaît, Pisani dresse un bilan pas toujours louangeur pour journalistes et barons de presse de l'utilisation qu'ils font de l'ordinateur et des réseaux dans le cadre de leur profession. Aussi, «Quelle que soit leur rigueur professionnelle, les journalistes ne semblent pas décidés à céder ce pouvoir de présenter les choses sous un seul angle, celui qu'ils retiennent. Leur problème, c'est qu'ils ne sont plus la seule source d'information et que ce qu'ils disent n'est pas toujours ce qui intéresse le plus.» Dans un article sur les tendances de la publicité en ligne, notre collègue Nelson Dumais cite une prévision intéressante de Jupiter Communications selon laquelle «PC et Mac seront encore utilisés dans 73,1 % des incidences d'accès [Internet] à la fin de l'année 2002, alors que ce pourcentage était de 99,6 % l'an dernier et qu'il sera de 93,8 % l'an prochain. Le principal gagnant de cette diminution sera le bon vieux téléviseur. En 2002, plus de 16 % des internautes n'utiliseront que cet appareil pour accéder à Internet.» Ces données signifient néanmoins une poursuite de la progression des ventes d'ordinateurs personnels que l'on croyait menacées par l'arrivée du WebTV. Sur le dossier plus spécifique de la pub, Dumais cite à nouveau Jupiter Communications qui prévoit que d'ici la fin de l'an 2002, 30 % des revenus de la pub en ligne seront de sources locales comparativement à 5 % à l'heure actuelle. Publicité, toujours, «Les Français
révélés par leur pub!», un
entretien avec le publicitaire André Paradis dans l'Actualité. Paradis,
publicitaire québécois installé
à Paris depuis 1990, trace des comparaisons
intéressantes entre les publics français
et québécois. À savoir
quelle serait la principale corde sensible des
Français, Paradis répond «la
fierté, le sens de l'histoire. La
nostalgie de la grandeur perdue est
omniprésente. Elle est à l'origine
d'un complexe d'infériorité fantastique
par rapport aux Américains. Les
Français regrettent leur passé, se
cherchent un avenir, un présent. Cela
donne des manifestations d'orgueil, parfois mal
placé, mais la chose a aussi un
côté positif : l'art de vivre
à la française, la défense d'une
certaine qualité de vie. Les
Français prennent le temps de vivre, même
s'il faut courir avant et après.» Bonne
leçon.
En bref Les Journées de la culture, c'est une programmation de plus de 700 projets répartis dans 175 villes du Québec qui s'animeront les 26, 27 et 28 septembre prochains. Volet important de cette activité, le recours au Web pour accroître la diffusion et la visibilité des activités et des participants. L'émission Cl@ir et Net sur les ondes de Radio-Canada a
maintenant son site Web. On y trouvera des
ressources complémentaires sur les thèmes
abordés en ondes, et la section Cyberpresse
contenant divers articles publiés dans le
quotidien montréalais La Presse.
Évidemment, les archives en RealAudio de
l'émission info-service de la culture
numérique sont aussi disponibles.
Beau détour 12/18 Il y a 18 mois, dans la Chronique du 22 mars 1996 , une autre interview, parue cette fois-ci dans le défunt Cybersphère, avec le philosophe Jean Baudrillard qui disait que «les médias neutralisent tout et même aussi le pouvoir en quelque sorte et le virtuel lui-même n'arrive pas à se retranscrire en pouvoir politique.» |
|||
| Sur ce, je vous souhaite une excellente semaine, | |||
![]() |
![]() |
| © Les Éditions Cybérie inc. | Revue de presse | Publicité | |
URL : http://www.cyberie.qc.ca/chronik/970919.html |