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Les Chroniques de Cybérie
Chronique du 26 septembre 1997

© Les Éditions Cybérie inc.

Le 22 avril 1998.

Salutations à tous les Cybériens et Cybériennes!

«Comme nous vous disions avant d'être si abruptement interrompus...». C'est ainsi que le chef d'antenne Leslie Mitchell s'adressa en 1946 aux téléspectateurs de la BBC après sept ans d'interruption de service pour les causes que l'on connaît .

Dans notre cas, six mois. Une éternité dans l'espace cyber. Six mois depuis que nous vous annoncions la mise en veilleuse des Chroniques de Cybérie.

Voilà qu'aujourd'hui, nous sommes heureux de vous annoncer notre retour grâce à une alliance stratégique avec le Webdo, propriété du groupe de presse suisse Ringier Romandie.

Chaque semaine, la Chronique sera disponible à l'adresse http://cyberie.webdo.ch où vous trouverez aussi la chronique de la semaine précédente. Les archives et le répertoire actualisés, le moteur de recherche interne ainsi que les contacts pour abonnement demeureront disponibles à http://www.Cyberie.Qc.Ca/chronik/.

Cette association est naturelle; comme les Chroniques de Cybérie, le Webdo est un des précurseurs du Web en Francophonie. Présent sur le Web depuis le 14 septembre 1995, le Webdo est le premier journal électronique suisse, issu de L'Hebdo, magazine d'information publié à Lausanne par Ringier Romandie. Le 7 octobre 1996, un jury international attribuait au Webdo le Grand prix  MMD à titre de meilleur site Internet développé par un éditeur de presse suisse.

De plus, il y a toujours eu communauté de vue et d'opinion entre les Chroniques et le Webdo concernant les grands dossiers de la cyberculture et la recherche de «solutions politiquement raisonnables, socialement acceptables et techniquement réalistes», tant à l'époque où il était dirigé par Bruno Giussani que depuis que José Rossi en assure les destinées.

En plus de permettre la reprise des Chroniques de Cybérie, Ringier Romandie devient un partenaire privilégié pour les nouveaux projets qui se formeront au creuset des Éditions Cybérie.

Nous ne sommes toutefois pas seuls à faire partie de l'équipe élargie du Webdo. Nous vous invitons à explorer les différents contenus proposés et à faire du Webdo une de vos lectures régulières.

Sans plus tarder, passons à l'actualité.

Publicité en ligne : remous au Québec
Microsoft, encore et encore
Les 500 jours d'Amelio chez Apple
À vos moteurs
Parcours rapides
Beau détour

 Publicité en ligne : remous au Québec
L'affaire se discutait à voix basse dans le milieu montréalais de l'Internet, mais voilà qu'elle éclate au grand jour. Les actionnaires majoritaires de la régie publicitaire Soussy.Com (représentant 25 sites québécois) ont demandé vendredi dernier une injonction interlocutoire provisoire et permanente en destitution à l'endroit du président et fondateur de l'entreprise, M. Olivier Soussy.

Les actionnaires, Messieurs Marc Copti et Normand Drolet ainsi que la société Pluricom Internet dont ils sont aussi actionnaires majoritaires, allèguent des actions déloyales et illégales de la part de M. Soussy. Selon les documents officiels obtenus (Cour supérieure du Québec, District de Montréal No 500-05-040308-981), les requérants prétendent que M. Soussy aurait, entre autres, préparé de longue date «un projet destiné à les exclure de l'entreprise, et qui visait aussi la mise en place d'une société distincte, avec d'autres partenaires, société qui est cependant en compétition directe» avec Soussy.Com. Les requérants ont d'ailleurs produit devant le tribunal une convention entre actionnaires de cette société qui devenait concurrente de Soussy.Com, 2-B Interactive Marketing Inc., et où figure le nom de M. Soussy.

Au moment d'écrire ces lignes, les procureurs de M. Soussy devraient déposer leur défense. Un jugement est attendu début mai.

La cause va faire du bruit et pourrait bien être le début d'une saga judiciaire qui aurait des incidences sur plusieurs personnalités et entreprises de l'industrie québécoise du Web. Par exemple, le cybermédia Multimédium avoue que «la position d'Imaginor, société éditrice de MULTIMÉDIUM et d'ÉconoMédia, nous place en effet dans une délicate situation de conflit d'intérêt car, outre le fait que Soussy.com représente ces deux sites, la firme Pluricom est également actionnaire d'Imaginor ainsi que de Netgraphe, l'éditeur de la Toile du Québec, Mémento, Mégagiciel et Comptoir

Mais il y a plus. Les requérants ont demandé au tribunal de déclarer le procureur de M. Soussy, Me Éric Franchi, inhabile à représenter les intérêts de la mise-en-cause (Soussy.Com), de lui ordonner de rendre compte des sommes qu'il a perçues d'elle, de lui remettre tous les documents qui pourraient être en sa possession et de ne plus agir pour elle à quelque titre. Me Franchi, avocat au cabinet Lapointe Rosenstein, est également trésorier du Forum des inforoutes et du multimédia, le FIM. Cet organisme doit participer avec Imaginor et le Publicité Club de Montréal, au cours des prochains mois, à certains projets reliés à la promotion de la publicité sur Internet. Ces projets recevront une aide gouvernementale.

Autre volet de la cause, cette fois inhabituel, le dépôt «produit en liasse au soutien des présentes» par les requérants de copies papier de messages de courrier électronique échangés entre Éric Clin, président de l'agence de cyber reportages Raid Multimédia, et Olivier Soussy et sa conjointe. Ces messages de courrier électronique auraient été récupérés d'un système informatique utilisé par cette dernière dans les bureaux de l'entreprise.

Selon les requérants, ces échanges démontrent l'intention de M. Soussy d'ouvrir un bureau à Paris, d'abandonner les activités de Soussy.Com, de «jouer la montre» avec les requérants (selon les mots de M. Clin) avant de les mettre devant un fait accompli, et d'intégrer éventuellement dans ce plan la nouvelle société 2-B Interactive Marketing Inc. Il ressort aussi de cette correspondance avec M. Clin un plan de financement et de mise sur pied d'une agence de production et de marketing de A à Z de contenus Web et multimédias pour pallier à la «panique totale» de certains diffuseurs en manque de contenus.

Comme nous le disions plus haut, M. Soussy présentera dans les heures qui suivent sa défense devant le tribunal. Rejoint au téléphone, il a décliné tout commentaire, se contentant de dire qu'il répondrait aux prétentions des requérants par la voix de ses avocats. Nous rendrons compte de l'évolution de ce dossier dans nos prochaines éditions. Haut de la page


 Microsoft, encore et encore
Toujours talonnée par les législateurs américains pour des questions de pratiques commerciales estimées déloyales, la société Microsoft fait l'objet d'un débat ces jours-ci en France. Au centre de ce débat, le programme de formation «Compétences 2000» lancé à l'occasion de la Fête de l'Internet en mars dernier et l'association France Telecom / Microsoft dans le domaine de l'accès.

L'initiative «Compétences 2000» vise à former 11 000 personnes en trois ans, en y consacrant un investissement de 30 millions de francs avec de très nombreux partenaires de líindustrie informatique et du secteur public, dont les ministères français de l'Éducation et de l'Industrie. Disons que cette formation vise le développement de compétences principalement en matière d'exploitation des logiciels de la société Microsoft. «Vision marchande et enjeux pédagogiques» écrivait Philippe Rivière dans le numéro d'avril du Monde Diplomatique.

Pour ce qui est de l'accès, Microsoft et France Télécom prévoient intégrer à la version française de Windows 98 (sortie prévue fin juin) une passerelle d'accès Internet tarifé à la durée. Cet accord inquiète le sénateur RPR René TrégouŽt qui, dans un récent rapport, écrivait «Selon certaines informations, il pourrait avoir pour finalité d'inciter les nouveaux utilisateurs de micro-informatique à accéder à Internet sans payer un abonnement à un fournisseur d'accès [...] La démarche initiée par l'accord Microsoft - France Télécom aurait, si elle se vérifiait, des conséquences néfastes si elle avait pour finalité d'engager les millions de français qui grâce au Minitel font "confiance" à France Télécom à suivre les préconisations de notre opérateur national pour entrer dans le monde Internet, en payant leur navigation à la durée.»

On le voit, le rapprochement de Microsoft des pouvoirs publics français dérange. Dans son édition du 6 février, le Cahier Multimédia de Libération recensait quelques opinions. Selon Bruno Oudet, président du chapitre français de l'Internet Society (ISOC France), «Dominique Strauss-Kahn [ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie] n'a pas compris le problème de monopole posé par Microsoft. Il faut étudier une stratégie pour contrer ce monopole et non pour y collaborer». Pour Yves Guillemot, p.d.-g. d'Ubi Soft, «Sous prétexte que la France est "en retard", on se tourne vers des sociétés étrangères. Et pas n'importe laquelle : Microsoft, qui est aujourd'hui accusée d'abus de position dominante et de pratiques commerciales déloyales. C'est étonnant.»

L'Association des utilisateurs d'Internet (AUI) se dit, elle, préoccupée que les orientations actuellement définies pour faire entrer la France dans la société de l'information soient «tributaires ou même simplement liées à une société commerciale, de surcroît non-européenne, et en particulier à la plus puissante du secteur.»

Mêmes craintes formulées par l'organisme IRIS (Imaginons un réseau Internet solidaire) qui a monté un excellent dossier sur son site Web.

Alors, que faire quand on a la cote à la bourse, un monopole grandissant, la sympathie de certains décideurs, mais une image publique en mal d'être redorée. Eh bien, on demande à ses petits copains de se manifester. Le 10 avril, sous la plume de Greg Miller et Leslie Helm, le Los Angeles Times révélait des documents confidentiels selon lesquels Microsoft avait mis sur pied une stratégie visant à améliorer son image dans les médias.

Rien de plus normal, direz-vous, sauf que le plan incluait le parachutage d'articles, de lettres à la rédaction et de contribution à des tribunes publiques dans les médias, commandés par les responsables médias de Microsoft, évidemment sympathiques à celle-ci, mais présentés sous forme de témoignages spontanés en faveur de l'empire de Bill Gates.

La campagne visait principalement les marchés médias régionaux dans 11 États américains où Microsoft a des démêlés avec la justice pour concurrence déloyale. Parmi les artisans de cette campagne, le Los Angeles Times citait Jeff Heller, ex-directeur média de Bill Clinton, ainsi qu'une firme de relations publiques du Michigan dirigée par un ancien cadre du Parti Démocrate, et une firme de l'Illinois ayant participé à de nombreuses campagnes électorales. Bien que la nouvelle ait été reprise par les grands médias américains, y compris un premier démenti suivi d'un aveu du bout des lèvres du porte-parole principal de Microsoft, Greg Shaw, aucune mention n'en a été faite à MSNBC, dans le cybermédia Slate ni dans les autres médias propriété de Microsoft. Traducteurs, traduisez. Haut de la page


 Les 500 jours d'Amelio chez Apple
En affaires comme en politique, quel meilleur moyen de panser ses plaies que d'écrire un livre. Gil Amelio, ancien premier dirigeant de Apple l'a compris. Il vient de publier un ouvrage, «On the Firing Line: My 500 Days at Apple Computer» (Sur la ligne de feu : Mes 500 jours chez Apple) dans lesquels il règle des comptes (extraits en anglais chez Amazon.Com).

En conférence de presse à Detroit pour le lancement du livre, Amelio a déclaré que Apple, en tant qu'entreprise, avait manqué de discipline sous l'influence de Steve Jobs à qui il attribue aussi, en grande partie, ses propres revers au poste de dirigeant. Il existait chez Apple un choc des cultures qui se répercutait même dans les choix vestimentaires des divers clans. Selon Amelio, «Apple est la seule entreprise où, lorsque le premier dirigeant donne un ordre, le personnel le perçoit comme une suggestion». Ni Apple ni Steve Jobs n'ont commenté la sortie du livre d'Amelio.

Autre profil peu flatteur de Steve Jobs cette fois dans le Wall Street Journal (repris par le Detroit News). Malgré les bilans financiers prometteurs pour Apple (modestes profits après des pertes de deux milliards de dollars depuis deux ans), la personnalité arrogante de Jobs en irrite certains. Parmi eux, à n'en pas douter, les 10 000 employés qu'il qualifie de «médiocres» et dont Apple devra se débarrasser. Haut de la page


 À vos moteurs
L'équipe de Metanews abat depuis quelques mois une besogne énorme, soit rendre compte de l'actualité des moteurs de recherche, agents, robots et autres dispositifs faisant filtre entre les informations et les utilisateurs. En fait, pas une semaine ne se passe sans que l'un ou l'autre des produits existants n'améliore sa formule, modifie sa présentation ou lance carrément un nouveau service. Le site est actualisé trois fois la semaine, et on peut consulter les archives des numéros précédents. Metanews, produit par la société française La Mine, est en outre disponible sans frais sous forme de bulletin par courrier électronique, abonnement depuis la page Web.

Toujours en français, soulignons deux nouveaux services. Le premier, CHUT, permet d'effectuer des recherches par catégories dans son répertoire, ou encore des adresses de courrier électronique. Ce dernier service n'est pas d'une grande efficacité, l'intérêt reposera surtout dans la sélection de sites qui nous est proposée. Comme CHUT ne dispose pas d'une araignée et est tributaire pour son contenu de l'inscription par son personnel ou les responsables de sites, on notera parfois certaines absences dans les résultats de recherche. La section des nouveautés n'est toutefois pas sans intérêt.

Debriefing pour sa part est un méta moteur de recherche qui exploite des «servlets» Java pour lancer simultanément des recherches sur AltaVista, Yahoo, Infoseek, Excite, Webcrawler, Lycos et Hotbot. En mode de recherche avancée, il interroge également Yahoo France, PagesWeb, Ecila, Infoseek France, Excite France et Lokace. Après avoir lancé sa recherche, le service récupère et trie les résultats puis élimine les doublons avant de vous présenter les fruits de sa cueillette. Un excellent produit.

Puis, le gouvernement du Québec dispose depuis février d'un puissant moteur de recherche pour ses 100 000 pages Web réparties sur 130 sites gouvernementaux. Cassiopée est le fruit de l'adaptation de la technologie AltaVista par la société Yamatech Connectivité Solutions. Chaque jour, le moteur parcourt l'ensemble des sites Web gouvernementaux et indexe les ajouts. L'interface d'interrogation ainsi que les menus d'aide sont disponibles en français, en anglais et en espagnol. Les habitués des fonctions de recherche avancée d'AltaVista les retrouveront intégralement sur Cassiopée dont la rapidité d'exécution est étonnante. De plus, à la veille du dépôt d'importants documents depolitique en matière d'inforoute, Cassiopée constituera un atout majeur. Haut de la page


 Parcours rapides
Travail, emploi, syndicalisme, dossiers sociaux et économiques. Lancé en janvier en pleine crise du verglas au Québec, L'Itinérant électronique n'a cessé de s'améliorer au fil des semaines. Site compact et de présentation allégée, l'accent est mis sur le contenu des informations proposées. Actualités nationales et internationales sur les thèmes précités, la chroniqueure Monique Fréchette trouve aussi le temps d'actualiser deux grands dossiers, soit «Internet et syndicalisme : un nouveau mariage à réussir!» et une question qui inquiète de plus en plus de travailleurs et travailleuses, «Flicage-machine : La surveillance des activités informatiques en entreprise». À défaut de gants blancs, on a droit à une information équilibrée, mais sans ménagement dans le ton et l'expression des opinions. Un site à suivre; on peut également recevoir par courrier électronique un sommaire du numéro de la semaine (coordonnées sur le site).

Enfin! C'est la réaction que nous avons eue en découvrant un peu sur le tard le site @robase, un site entièrement consacré au courrier électronique. Études, sondages et enquêtes révèlent tous l'importance du courrier électronique et sa faveur auprès des utilisateurs du réseau, mais fort peu de sites y sont consacrés. Logiciels, question du courrier-rebut, fournisseurs d'adresses, mythes et réalités des virus, comment consulter son courrier hors de chez soi, manuel, glossaire, bref, tout y est abordé. Un site essentiel pour les novices, fort utile pour les intermédiaires, une mine de renseignements pour bien maîtriser l'outil et en tirer le maximum. Haut de la page


 Beau détour
Cette semaine, une invitation à plonger dans l'univers du photographe William Coupon. Dans la grande lignée des portraitistes comme Karsh et Leibovitz, Coupon propose aussi sur son site un panorama sur le monde. Pour les amateurs de belles photos.

En terminant, permettez-nous de vous exprimer notre très grande satisfaction de pouvoir à nouveau vous dire «À la semaine prochaine».

Écrire à Jean-Pierre Cloutier

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