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Les Chroniques de Cybérie

Le 12 juillet 1996
© Les Éditions Cybérie

Oui, à la liberté d'expression sur l'Internet!


Salutations à tous les Cybériens et Cybériennes!

Cette semaine...

Tenue à Vancouver de la Onzième conférence internationale sur le SIDA où quinze mille délégués et conférenciers font le point sur la progression de la maladie, les nouvelles techniques de prévention, les nouvelles approches pharmaceutiques pour lutter contre le VIH/SIDA.  Des statistiques effarantes, des espoirs prudents, rien n'est encore gagné.  Un excellent site Web officiel pour cette conférence est à http://www.interchg.ubc.ca/aids11/.  Résumés de présentations scientifiques, outil de recherche par mots clés pour s'y retrouver, et même un journal électronique quotidien sur la conférence.

Un site complémentaire, celui des ressources proposées par l'édition européenne de Tous ensemble contre le SIDA sur les pages de Canal+ à http://www.cplus.fr/html/zapping/sidact.htm.  Vous connaissez des liens, des ressources, des sites qui n'y figurent pas?  Écrivez aux responsables, ils se feront un plaisir de les ajouter à leur page référence.  N'oublions pas, c'est l'ignorance qui tue.

Difficile de passer sous silence le début des Jeux olympiques, cette année centenaires, le 19 juillet prochain.  Premiers jeux «commerciaux» de l'histoire de l'olympisme, les commanditaires ne rateront aucune occasion de nous le rappeler.  Commençons par vous signaler l'inévitable site officiel à http://www.atlanta.olympic.org/.  On a parfois l'impression de visiter un site qui s'appellerait «Les Jeux en chiffres» tellement on y trouve des statistiques sur tout, intéressantes parfois : la société Kodak y traitera 250 000 rouleaux de pellicule photographique en quinze jours.

Mais il y a aussi le site officiel du Comité international olympique, souvent négligé, qui commence graduellement à présenter certaines pages en français à http://204.146.47.40/index.html.  C'est une fort bonne ressource sur le mouvement olympique, qui comporte aussi une invitation au Musée olympique, élément de fierté de la ville de Lausanne (Suisse).  En outre, on procède déjà au décompte des prochains rendez-vous : Nagano (Japon) pour les Jeux d'hiver de 1998, Sydney (Australie) pour les Jeux de l'An 2000, Salt Lake City (États-Unis) en 2002 pour les jeux d'hiver, et peut-être en France, à Lille, pour les Jeux de 2004.  En effet, Lille est candidate pour recevoir les Jeux, mais devra attendre en avril 1997 pour savoir si elle figure dans la présélection des quatre ou cinq villes hôtes, puis en septembre pour la décision finale.  Les gens de Lille y tiennent, et ont même un site Web pour défendre leur candidature à http://www.lille.cci.fr/jolille/jo.html.

Autre site Web sur l'olympisme, L'esprit olympique : les Jeux olympiques de 1996 à http://www.espritolympique.aoc.ca/.  C'est un site destiné principalement aux jeunes, mais qui ne manquera pas d'intéresser les plus grands.

Mais il n'y a pas que sur les pistes d'athlétisme, les circuits de marathon et les arènes de combats que la compétition sera dure.  Les Jeux sont pour plusieurs services d'information en ligne une excellente vitrine de leur efficacité à produire des couvertures médiatiques ponctuelles.  Bon nombre de projets, donc, mais ceux et celles qui croient ou craignent la disparition des mass-médias traditionnels auront tout intérêt à surveiller les deux expériences suivantes.

D'abord, PointCast dont nous vous parlions il y a quelques semaines.  Rappelons que grâce à cette interface, on sélectionne des produits d'information à partir d'un menu puis on réactualise à volonté les informations.  En service à compter du 15 juillet, 24 heures sur 24, le Super Games Channel de PointCast présentera les toutes dernières informations olympiques, soit par menu, ou encore avec le logiciel de protection d'écran actif dont dispose l'interface PointCast.  Ceux et celles qui disposent déjà de PointCast sur leur système verront l'interface elle-même mise à jour automatiquement dès le prochain lancement de l'application.  Les personnes s'incrivant pour la première fois (sans frais) téléchargeront la version améliorée de l'interface à partir du site principal à http://www.pointcast.com.  De plus, on apprenait mardi que le réseau CNN venait de conclure une entente avec PointCast pour l'alimenter en nouvelles et dépêches venant de ses 30 bureaux à travers le monde.  PointCast devient donc un des joueurs important des nouveaux mass-médias.

Aussi le 15 juillet, lancement officiel du réseau MSNBC, fruit de l'alliance du réseau américain de télévision NBC et de la compagnie Microsoft à http://www.msnbc.com/.  Misant pour son lancement sur l'intérêt mondial pour les JO, ce service nouveaux médias promet d'être ce qui se rapproche le plus de la télévision telle qu'on la connaît, parenté oblige bien sûr.

Atlanta, ville des Jeux, est la capitale de l'État américain de Georgie.  Au moment de défendre sa candidature comme ville hôte, les promoteurs ont déclaré que pour plusieurs, Atlanta était «la capitale moderne des droits de la personne» et incarnait l'esprit de justice et d'équité qui caractérise les Jeux.  Le Service d'information du gouvernement américain, dans ses publications, ne cesse de vanter Atlanta, comme on le constate dans l'article à cette adresse http://www.usia.gov/journals/itsv/0696/ijsf/frejso09.htm .  La «capitale dynamique et progressiste du "nouveau Sud"» peut-on y lire.  On parle de «sa force, issue de certaines valeurs fondamentales et essentielles».  On fait dire au commissaire à l'industrie, au commerce et au tourisme de Georgie, Randy Cardoza, qu'on fait tout pour «souligner les valeurs chères à nos citoyens».

Mais attention, Human Rights Watch, l'organisme qui nous livrait dernièrement le document Silencing The Net (gopher://gopher.igc.apc.org:2998/0HRW/r.837629679.27430.1 ), a publié ce jeudi un rapport intitulé Modern Capital of Human Rights? Abuses in the State of Georgia qui dresse un portrait peu reluisant du dossier des droits de la personne.  Loin d'être un exemple, la Georgie aurait bien du chemin à faire pour se conformer aux exigences constitutionnelles américaines et aux normes internationales en matière de respect des droits.  La liste est longue : nombreux cas d'abus de force policière sans mécanisme d'imputabilité; délabrement tel des institutions pénitentiaires que le gouvernement fédéral menace de poursuivre onze comtés devant les tribunaux; existence de prisons pour enfants contraires aux lois internationales; congédiements arbitraires par l'État de gais et de lesbiennes, absence de loi interdisant la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle; etc.  Le communiqué de Human Rights Watch est disponible sur le site gopher à gopher://gopher.igc.apc.org:5000/00/int/hrw/americas/usa/25.

Nouveau site référence pour mieux comprendre et interpréter le Web et l'Internet, les Guides pratiques de Jean-Christophe Patat à http://www.iway.fr/staff/jcpatat/net/indexbis.html.  Guides sur les outils, les méthodes, les applications, on y trouve de tout.  Mais, rubrique originale sur un tel site, «Un jour sur Internet» qui nous propose des liens pour toutes les heures de la journée, du lever au coucher (heure de France).  On y trouve même un lien au journal des «humeurs» montréalaises de Brigitte Gemme (http://www.mlink.net/~gemme/) qui, si on est à Paris, est recommandé d'être lu entre dix et onze heures.  Bon site d'introduction aux mécaniques du Web, présentation agréable.

Dossier publicité sur le Web, le marché francophone dispose maintenant d'un index des sites qui commercialisent directement, ou par l'entremise de régies ou agences, des bandeaux publicitaires interactifs.  Web-Media s'adresse tant aux annonceurs et agences qu'aux exploitants des sites.  Possibilité de recherche selon divers paramètres, nouvelle dimension commerciale pour vos sites, c'est à http://www.imaginet.fr/webmedia/.

Puis, un nouveau répertoire de sites francophones, Nomade http://www.nomade.fr.   Deux types de recherche : par mots clés et par navigation dans son arborescence thématique.   Les descriptions de sites, fournies par les éditeurs et vérifiées par Nomade (mais qui affiche néanmoins un déni de responsabilité), se veulent claires et complètes.   Comme tout répertoire à ses débuts, il y a des carences que l'on vous invite à corriger.   Mais la section Nouveautés et la section Tremplin nous ont fait découvrir de bonnes adresses sur lesquelles nous reviendrons.

Nous aimons bien les personnes qui se font critiques de l'Internet et du Web.  C'est rafraîchissant de s'éloigner un peu de la pseudo- unanimité sur les bienfaits des réseaux.  Plus sérieusement, disons qu'il est intéressant d'être sensibilisé à des points de vue qui nous forcent à préciser, voire étayer les nôtres.  Éclairage nouveau, à lire, si vous voulez remettre en question certains des principes que vous tenez pour acquis, l'entretien avec Philippe Breton dans Planète Internet à http://www.netpress.fr/netpress/public/interface/SendPage?ID=43.  Anthropologue, chargé de recherches au Laboratoire de sociologie de la culture européenne du CNRS à Strasbourg, Breton interpelle, bouscule parfois par ses propos.  D'après lui, le succès de l'Internet se fonde sur un pacte provisoire entre acteurs ayant des intérêts divergents : ultra- libéraux, anarchistes, cyber-punks, et une partie de la classe politique.  «Les anarchistes se sont rendu compte qu'ils avaient un bout de chemin à faire avec les libéraux car ils ont un point commun : ils ne veulent pas d'État.  Ils veulent créer un espace dans lequel ils ont confiance dans l'homme, le jeu des acteurs et l'autorégulation [...]  Il y a un pacte provisoire entre des gens qui savent bien que ça va éclater.  Pour moi, quelque chose va éclater dans les mois à venir».  Propos recueillis par Emmanuel Parody.

Quelque chose a éclaté à Québec le 23 juin.  Signal précoce, tendance ou courant porteur?  Difficile à dire, sauf que la réaction des pouvoirs en place étonne par son manque d'intelligence, au sens large.  Émeute, saccage d'artères commerciales, les édifices de l'Assemblée nationale lapidés par une foule de 2 000 personnes après un spectacle en plein air.  Coupables présumés de l'incitation et de la perpétration : les punks.  On dit bien «présumés» car la preuve reste à faire.  Entre-temps, on arrête trois jeunes gauchistes du mouvement Food not Bombs («De la bouffe, pas des bombes» -- organisme qui distribue des aliments aux personnes démunies) chez qui, dans le cadre de l'enquête, on a perquisitionné et trouvé quelques maigrelets plants de marijuana et des numéros du journal Démanarchie.  Précisons qu'il a été établi que ces jeunes n'étaient même pas à Québec le soir de l'émeute, mais à Magog.  Dans un procès à saveur nettement politique, le procureur a maintenu que les prévenus étaient de dangereux agitateurs.  En rendant son jugement, le magistrat a déclaré : «Il me ferait mal au coeur de libérer des philosophes de l'anarchie»; il a ajouté que la culture de cannabis était «un moyen d'endormir le peuple pour mieux faire passer la propagande».  La version officielle, on l'a dans les médias traditionnels.  L'autre côté de la médaille est sur le site du Réseau anarchiste du Québec à http://comm.qc.ca/Centre/Reseau/default.html.  À suivre.

Nous vous avons déjà parlé de Pierre Lemieux, libre penseur, et de ses démarches pour se retirer du filet de sécurité étatique que l'on croit obligatoire.  Voilà que l'organisme où milite Lemieux, les Amis de la liberté, propose à ses membres un Service d'identité privé (SIP), carte d'identité attestant de leur qualité de membre et leur permettant ainsi de participer aux activités programmes des AL où qu'ils soient dans le monde, mais aussi un document d'identité privé et volontaire qui facilite à la fois le refus de produire les cartes d'identité étatiques et autres documents officiels d'identité, et sert à s'identifier aux fins de transactions privées.  Un projet original, site Web des Amis de la liberté à HTTP://w3.e-sense.net/AL/.

Droits, libertés, protection des renseignements personnels, droit à l'anonymat, toutes ces questions reviennent avec la régularité des marées.  Difficile de ne pas laisser de traces de son passage dans le cyberespace.

Hi!  This is What we know about you:

You're located in Canada.
Your computer is a PC running Windows 3.1.
Your Internet browser is Netscape.
You are coming from ts9-05.mtl.istar.ca.
can't parse Referer: file:///C|/RECH/01RECH.HTM

C'est le petit message que m'a affiché la page Snoop du Center for Democracy and Technology à http://www.13x.com/cgi-bin/cdt/snoop.pl.  Élémentaire, certes, mais c'est en guise d'introduction à un texte révélateur sur les méthodes de collecte de renseignements personnels sur les utilisateurs et utilisatrices du Web.  On nous rappelle que certains serveurs peuvent être beaucoup plus curieux.

Comment ne pas laisser de traces, du moins pas les vôtres?  Passez d'abord chez l'Anonymizer de Community ConneXion à http://www.anonymizer.com/.  En cliquant sur le bouton demandant l'anonymat, on vous crée un masque derrière lequel votre identité est sauvegardée.  À ma deuxième visite chez Snoop, on me disait que j'étais associé à Community ConneXion, que j'étais en Californie, sans préciser davantage.  Je n'avais donc plus à me méfier que de Community ConneXion; au moins, ça réduit le champ des possibilités.

Bon pour les fureteurs, mais comment préserver l'anonymat avec le courrier électronique?  Il existe un nombre croissant de remailers, des systèmes qui vous attribuent une adresse anonyme, prennent vos messages et les envoient anonymement, puis vous acheminent les réponses tout aussi anonymement.  Point de départ pour l'anonymat, la page de Gambino à http://electron.rutgers.edu/~gambino/anon_servers/anon.html .

Mais là encore, qui vous assure qu'il n'y aura pas perquisition ou fouille de la base de données du service vous offrant l'anonymat du courrier?  Bon, c'est le temps de reparler du codage des messages et des textes, et du PGP.  Des nouvelles du côté de Phil Zimmerman, auteur du controversé logiciel d'encodage Pretty Good Privacy (PGP).  Zimmerman vient d'acquérir la société ViaCrypt à qui il avait cédé des droits de développement commercial du PGP.  ViaCrypt commercialisait des logiciels et systèmes de sécurité des communications basés sur le PGP.  Mais sa décision de vendre aux entreprises des systèmes où les patrons détenaient les clés de codage du courrier de leurs employés n'a pas plu à Zimmerman.  ViaCrypt ayant refusé de lui retourner les droits d'exploitation, Zimmerman a acheté ViaCrypt.  Deux adresses, PGP à http://www.pgp.com et Viacrypt à http://www.viacrypt.com.

Et les cookies?  Ce sont de petits noyaux de données transmis du serveur au fureteur (s'il les accepte) quand on consulte une page sur laquelle ils sont installés.  Lors de la prochaine visite sur le serveur en question, le fureteur repasse le noyau de données au serveur qui peut l'interpréter selon les instructions fournies.  On peut ainsi personnaliser l'accès à des pages : indiquer, par exemple, que c'est votre huitième visite sur le site, etc.  Le cookie ne peut pas scruter votre disque dur, s'approprier votre adresse électronique ou cueillir des renseignements personnels sur vous, sauf... s'il est jumelé à un script Java.  Les détails à http://www.illuminatus.com/cookie.

Ah oui, Java.  Reconnu par certains comme le langage de l'avenir en raison de son exploitation multiplate-forme, certains scripts concoctés avec malveillance peuvent s'apparenter davantage à des virus informatiques.  Des exemples, de la documentation, des liens à http://www.math.gatech.edu/~mladue/HostileApplets.html.  Mais attention, lisez les directives, mises en garde et avertissements, ces scripts sont hostiles et peuvent mettre prématurément terme à votre séance Netscape.

En terminant, si vous avez Shockwave, The Palace, QuickTime et RealAudio, l'éprouvette par excellence est le site du film Independence Day à http://www.id4.com.  Ce film de la Twentieth Century Fox (qui a empoché 100 millions de dollars au box-office dès la première fin de semaine de sa sortie en salles) évoque un scénario d'invasion par des extra-terrestres.  On effleure, par la bande, Area 51, ce projet que le Pentagone voudrait secret, mais qui attire de plus en plus de touristes au Nevada, aux environs de la base militaire Nellis.  Le Pentagone nie l'existence du secteur 51, ne le porte pas sur ses cartes, refuse de répondre aux demandes de renseignements.  Pourtant, l'affaire du secteur 51 et de ce qui s'y passe suscite l'intérêt de bien des citoyens des environs et d'ailleurs.  Détient-on des preuves de l'existence des extra-terrestres?  Se débarrasse-t-on de déchets toxiques dangereux?  Toutes les hypothèses sont bonnes.  Un des sites qui offrait une analyse sérieuse a croulé sous le poids de la demande, dit-on.  Provisoirement, donc, deux sites privés sur «Area 51», une excellente description des lieux à http://user.dcci.com:80/pgermer/AREA51/ , puis une bibliographie de ce qui s'est dit dans la presse américaine, depuis 1992, à http://www.ufomind.com/area51/articles/1996/.

Rappel média : Radionet@ à l'horaire de la programmation estivale le dimanche à 13 h (Maritimes 14 h), et toujours présente sur les ondes de Radio-Canada International ainsi qu'en RealAudio sur le site Web à http://www.radio.src.ca/radionet/ [NDLR : inactif].  L'émission BRANCHÉ, en reprise estivale en attendant la nouvelle saison, sur les ondes de Radio-Canada, samedi à 17 h 30 et sur Web à http://www.src-mtl.com/tv/branche/index.html.  Pour les abonnés et abonnées du service de câblodistribution de la ville de Québec, MICRO-INFO sur Télé-Mag 24, horaires de diffusion sur le site Web à http://www.riq.qc.ca/micro-info/ .  Aussi, tous les mardis, la section PL@NèTE du quotidien Le Devoir à http://www.vir.com/~wily/inforoute/planete.htm.

Bonne semaine à tous et à toutes,

Jean-Pierre Cloutier
jpc@cyberie.qc.ca


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